Norman McLaren / © 1961 Office National du Film du Canada

NORMAN McLAREN

Né à Stirling, en Écosse, en 1914, fondateur du volet de l’animation à l’Office national du film du Canada, Norman McLaren a su donner à l’animation canadienne une impulsion et une orientation qui subsistent encore aujourd’hui, bien longtemps après son embauche par John Grierson en 1941. McLaren était de ceux qui refusaient de croire que le cinéma avait été inventé par les frères Lumière en 1895. Il croyait plutôt que le cinéma restait à être inventé, que la recherche et l’expérimentation faisaient naturellement partie de la création artistique. C’est ainsi qu’il est apparu en pionnier d’un grand nombre de techniques qui ont marqué l’animation : dessin et gravure sur pellicule, animation par fondus enchaînés, pixillation, son synthétique, etc. Il n’y avait pas de place, chez lui, pour une recette ou une méthode, mais seulement pour une audace et une originalité profondes, à la source de toute sa création.

Norman Mclaren

Evelyn Lambart et Norman McLaren / © 1961 Office National du Film du Canada

La place de Norman McLaren dans l’histoire du cinéma est d’abord délimitée par les nombreuses récompenses qui ont jalonné sa carrière : Palme du court métrage à Cannes pour Blinkity Blank, OscarMD pour Voisins, Ours d’argent à Berlin pour Rythmetic, Plaque d’argent à Berlin pour Caprice en couleurs, BAFTA pour Blinkity Blank, pour Il était une chaise et pour Pas de deux, cela sans compter les très nombreux prix canadiens et ceux destinés à souligner la valeur de l’ensemble de son œuvre.

La personnalité et la philosophie de McLaren sont indissociables du développement de l’animation à l’ONF. Expérimentateur infatigable, McLaren a défendu une conception artisanale du cinéma d’animation selon laquelle le cinéaste, un peu à la manière du peintre dans son atelier, contrôle toutes les étapes de la réalisation de son film. Par l’exemple, McLaren a donc encouragé ses collègues à développer leurs propres outils et à innover sur le plan technique.

Norman McLaren est mort à Montréal en 1987. La place qu’il a laissée dans l’histoire est marquée par l’influence qu’il continue d’exercer sur des centaines de cinéastes et d’artistes qui se réclament de sa pensée, qui, chacun à sa façon, reprennent le flambeau de la recherche et de l’exploration.